Publié dans Do it for the gram, Quelques mots

#Inertia

Après avoir mis un peu d’ordre dans mes idées (et vous avez pas idée du foutoir que c’est là-dedans),
je reviens sur mon mini-psychodrame de ce début d’année : cette foutue attaque de mucus.
Bon… Vous pourriez dire que je dramatise et que personne aime être malade.
Et vous auriez raison.
Personne aime être malade et j’ai une propension naturelle au drama.
Mais là où je m’interpelle, c’est que… Même les deux bronches trempant de le mucus le plus épais,
le nez bouché (et dieu sait que je ne SUPPORTE pas ça),
la gorge en feu,
la vaillance d’un bébé loutre,
et l’énergie d’un marmotton narcoleptique.
La seule et unique chose qui me préoccupait, c’était… La reprise du sport.

Pour toi, ça ne veut rien dire (ou c’est, au contraire, vachement préoccupant) mais pour moi, c’est juste incompréhensible. Il y a encore 5 ans de cela, je n’en calais absolument pas une.
Rien.
Je courais même pas après le bus.
Je m’étais résignée à une vie malheureuse et dodue en évitant soigneusement les gens qui me bassinaient avec leurs salle de sport, cours co’, step et autre aquagym.
Le sport, c’était clairement pas pour moi.
(Et à l’heure où j’écris ça… J’en ris encore !)

 

 

SO WHAT ?

 

Tout d’abord, je pense qu’une partie de moi aura toujours cette peur panique de reprendre du poids.
J’ai beau essayer de relativiser. De rationaliser. De me convaincre. Et, au final, me dire que c’est pas grave…
Ça a été une telle bataille, une telle croix à porter, une telle souffrance que la perspective de « tout devoir recommencer » me serre le cœur à chaque fois que j’y pense.
Le spectre de la « rechute » n’est jamais loin.
C’est totalement irrationnel de penser reprendre 30kg en une semaine quand, de toute façon, t’es malade façon moyenâgeuse au temps de la grande peste mais, c’est un fait, l’idée me hante.
Et pourtant, ce n’est pas ce que je prône. Ce n’est pas ce que je souhaite à autrui. Ce n’est même pas ce que je me souhaite à moi-même.
Simplement, au-delà du physique qui, objectivement, ne me déplaisait pas vraiment, même à l’époque; c’est plutôt un état d’esprit que je ne veux pas retrouver.
Un mal-être. Un état plus passif. Une dévalorisation totale. Une dépression, en somme.

 

Ensuite, au fil de ces 5 ans, est venue s’insinuer cette idée insidieuse que si jamais je m’arrêtais, je pourrais tomber.
Ce qu’on ne vous dit pas quand vous perdez beaucoup de poids et que vous décidez de changer vos habitudes, c’est que vous serez en rémission à vie.
C’est une idée complètement farfelue de croire qu’un jour on faisait n’importe quoi de sa vie et de son corps et que le lendemain on se réveille plein de bonne volonté avec un tout nouveau programme sportif et alimentaire.
Non.
C’est une prise de conscience quotidienne.
Est ce que ma santé/ma vie/mon être a assez de valeur pour être soigné et entretenu ?
Est ce que je m’aime assez pour m’accorder ce temps de « bien-être » ?
Atteindre son objectif de poids, c’est pas trouver le saint Graal.
Non seulement, il faut savoir s’arrêter à un moment raisonnable mais il faut également composer avec la nouvelle nana que vous croisez le matin dans le miroir de la salle de bain.
Bah… Oui… C’est un fait. Votre corps change mais votre visage change aussi !
J’avais une bonne bouille de bébé hamster et, d’un coup ou presque, je prends conscience que j’ai des pommettes plutôt hautes et découpées, des fossettes quand je souris et… disons le… Un air bien plus coquin qu’avant.
Ton regard change.
Mais le regard des autres changent aussi !
Sans même y faire attention, de la bonne copine, tu passes à la fille facile.
30 kg de moins… ça t’offre une toute autre dimension.
30 kg de moins et tu n’es plus vraiment toi-même.
30kg de moins et je t’assure que, même toi, tu aurais du mal à te reconnaître.

Mais, c’est typiquement quelque chose à laquelle tu ne VEUX PAS penser :
Où tu te situes toi entre la petite boule et cette blonde élancée ?
Qu’est ce que tu as sacrifié de toi pour devenir celle que tu voulais ?
Quel est le pourcentage de « vrai » en toi ?
Est ce que tu évolues en bien ?
Est ce que tu te rapproches VRAIMENT de cette meilleure version de toi-même ?

Alors, tu cours, tu soulèves lourd, tu danses, tu circuites, tu écris, tu dis oui à plein de nouveaux projets, …
Pas le temps de réfléchir, pas le temps de t’ennuyer et c’est tant mieux parce que, honnêtement, l’ennui me tue.
« Si je m’arrête, je tombe », l’hyperactivité semble être une saine solution.
Je ne veux pas m’arrêter, pas me poser, je veux m’évader.

N.B. : Je dois bien avouer, a posteriori, que ce repos forcé m’a fait incroyablement du bien, ne serait-ce que pour apprécier le travail accompli et d’avoir eu l’agréable occasion de manquer un peu à certains. C’est parfois dans le manque que l’on se rend compte de ce que l’on possède réellement.

 

Enfin, et c’est peut-être le plus difficile à admettre; ne rien faire, c’est aussi faire le deuil d’un certain sentiment de toute puissance.
Je suis quelqu’un qui maitrise, qui gère, qui assure. Dans tous les domaines. Tout le temps.
(Oh yeah)
Ce n’est même pas vraiment une joie pour moi-même, c’est quelque chose qui m’a toujours été imposé (ou en tous cas, j’en ai toujours eu l’impression).
Être parfaite. En tous points. En toutes circonstances.
Je ne me fais aucune concession. Je ne transige pas avec moi-même et (malheureusement) rarement avec les autres.
MAIS JE ME SOIGNE ! C’est promis …
Du coup, pour moi, cet aveu publique, de vulnérabilité, c’est insupportable.
Insupportable et à la limite de la honte.
Les gens parfaits ne sont pas malades. Ils ne sont pas vulnérables. lls ne sont pas faibles.
Je ne veux pas être faible.
Je ne veux plus être une victime.
De personne.

BON… OK… !
Ça ne m’excuse pas de vous avoir saoulé à mort avec ma reprise du sport.
Mais si ça peut vous permettre de réaliser que ce n’était pas « gratuit » et que tout n’est pas toujours aussi simple qu’on veut bien le faire croire…
C’est déjà ça 😉

La route est encore longue mais… On va rester sur le bodypositive !
C’est promis !